
Le stress , l’ anxiété et la dépression représentent des problèmes majeurs de santé mentale dans le monde moderne. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le stress au travail est la première cause de troubles de santé mentale, incluant la dépression et l’ anxiété , et peut également engendrer des maladies cardiovasculaires ainsi que des troubles psychiatriques.
On estime qu’environ 75 % à 90 % des consultations médicales sont directement ou indirectement liées au stress, à ses effets psychologiques comme l’ anxiété ou à ses conséquences physiques.
Aux États-Unis, l’American Institute of Stress évalue que le stress coûte chaque année plus de 300 milliards de dollars aux employeurs, en raison d’une augmentation de l’absentéisme, d’une baisse de la productivité et de l’explosion des coûts de santé. Par ailleurs, une étude du Centre de santé mentale au travail au Royaume-Uni a révélé que plus de 70 millions de jours de travail sont perdus chaque année en raison du stress, de la dépression , et d’autres troubles de santé mentale.
Sur le plan individuel, le stress peut se révéler tout aussi destructeur. Une étude menée par l’American Psychological Association (APA) en 2019 a démontré que la génération Z (née entre 1996 et 2010) est particulièrement touchée, avec un score moyen de 5,8 sur une échelle de 10 mesurant le stress, où 10 indique un niveau de stress « extrême ». Cette situation favorise également l’apparition d’ anxiété et de dépression chez les jeunes.
Une autre étude de l’APA a souligné que le stress impacte aussi directement la santé physique. Selon ce rapport, 77 % des personnes stressées ressentent fréquemment des symptômes physiques tels que la fatigue ou les douleurs musculaires, tandis que 73 % éprouvent régulièrement des symptômes psychologiques, incluant l’anxiété et l’irritabilité, pouvant conduire à la dépression si non traités.
Dans cet article, nous explorons les effets du stress, ses interactions avec l’ anxiété et la dépression , commentons évaluer son propre niveau de stress, ainsi que les solutions, notamment l’hypnose, pour y faire face.
Les effets du stress et ses différentes phases
Le stress se manifeste à travers plusieurs phases, décrites par le modèle général d’adaptation de Hans Selye : la phase d’alarme, la phase de résistance et la phase d’épuisement. La phase d’alarme survient lorsqu’un événement stressant est perçu. Elle déclenche une réaction immédiate de l’organisme, avec la libération d’hormones comme l’adrénaline et le cortisol, préparant le corps à affronter ou fuir le danger. Si le stress persiste, entre dans la phase de résistance, où l’organisme s’adapte et mobilise ses ressources pour maintenir un équilibre face à l’agent stressant. Cependant, si cette situation perdure sans solution, elle peut conduire à la phase d’épuisement, où les réserves physiques et psychologiques s’épuisent, entraînant des troubles physiques et mentaux.
Il est également crucial de distinguer le stress ponctuel du stress chronique. Le stress ponctuel, souvent lié à un événement précis, comme un examen ou une situation inattendue, peut être intense, mais il est généralement de courte durée et disparaît lorsque la situation est résolue. Ce type de stress peut même être bénéfique, stimulant la concentration et la performance. En revanche, le stress chronique résulte d’une exposition prolongée à des situations stressantes, comme des conflits au travail, des problèmes financiers ou familiaux. Contrairement au stress ponctuel, le stress chronique utilise l’organisme sur le long terme, entraînant des maladies graves et des troubles mentaux, notamment des troubles anxieux généralisés et la dépression.
Comprendre ces phases et la distinction entre stress ponctuel et chronique est essentiel pour adapter les stratégies de gestion et prévenir les impacts négatifs sur la santé.
Comment mesurer son stress?
La mesure du stress est quelque chose de complexe, car le stress est une expérience subjective et varie énormément d’une personne à l’autre. Cependant, il existe plusieurs approches pour l’évaluation et la mesure du stress:
1/ les échelles d’auto évaluation: ces questionnaires demandent aux individus d’évaluer leur niveau de stress perçu, et/ou la fréquence à laquelle ils ont vécu certaines situations stressantes. Par exemple, l’échelle de stress perçu est un outil largement reconnu qui demande aux individus de répondre à des questions sur leurs sentiments et leurs pensées durant le dernier mois.
2/ Les mesures physiologiques: ces méthodes mesurent les réactions biologiques au stress comme la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la réactivité de la peau (mesure de la conductance cutanée) et les niveaux d’hormones de stress (comme le cortisol) dans la salive ou dans le sang.
3/ Les mesures comportementales: certaines réactions au stress, comme les troubles du sommeil, les changements d’appétit, ou le recours à des substances (tabac, alcool, drogues…) peuvent aussi fournir des indices sur le niveau de stress de l’individu.
Les scores de l’auto évaluation suivante ne reflètent aucun diagnostic ou cours de traitement particulier. Ils sont conçus comme un outil pour aider à évaluer votre niveau de stress.
Si vous avez d’autres préoccupations concernant votre bien être actuel, vous pouvez contacter et parler en toute confidentialité à une tierce personne ou à un spécialiste en santé mentale.
Quel rôle joue l’hypnose dans la gestion du stress ?
L’hypnose s’avère être un outil puissant dans la prise en charge du stress, bien qu’il ne soit pas nécessaire d’entrer dans les détails neurologiques pour en comprendre les effets. Cependant, de nombreuses études, notamment aux États-Unis, ont permis d’éclaircir les mécanismes sous-jacents de l’hypnose et de ses bienfaits dans la gestion du stress.
D’après David Spiegel, professeur à l’université de Stanford, plusieurs changements notables se produisent lors d’un état d’hypnose. Tout d’abord, l’activité neuronale augmente dans des zones spécifiques du cerveau, notamment celles liées à la concentration et à la résolution de problèmes. Cela explique pourquoi une personne en état d’hypnose peut être si absorbée qu’elle ne perçoit plus les distractions extérieures. En parallèle, l’échange d’informations neuronales devient plus intense entre les régions du cerveau responsables de la cognition et de la conscience de soi, permettant ainsi un meilleur contrôle des fonctions corporelles.
L’hypnose active également des zones clés du cerveau, telles que le tronc cérébral, qui régule les fonctions essentielles comme le rythme cardiaque, la respiration, la gestion de la douleur et le sommeil. Elle stimule également le cortex préfrontal, impliqué dans le langage, la planification, et les sens, et le cortex cingulaire antérieur, qui influence le comportement affectif, l’auto-jugement et la personnalité. Enfin, l’hypnose active les noyaux du thalamus, responsables de la réception et de l’analyse des informations sensorielles, ce qui permet une meilleure perception de son propre corps.
Grâce à ces effets, l’hypnose permet aux sujets de se déconnecter de leur environnement extérieur pour se concentrer pleinement sur leurs sensations internes. Elle permet également de dissocier les pensées et les sensations physiques, offrant ainsi la possibilité de visualiser des situations stressantes sans ressentir les émotions négatives associées. En agissant sur la conscience de soi, l’hypnose permet de percevoir les problèmes sous un autre angle et de les transformer en éléments plus positifs et maîtrisables.
Une étude réalisée en 2009 par le CHU de Nice a démontré que l’hypnothérapie peut réduire l’anxiété et améliorer la qualité de vie des patients souffrant du syndrome du côlon irritable, une pathologie souvent exacerbée par le stress. Ainsi, l’hypnose se présente comme un moyen efficace pour atténuer les symptômes du stress et favoriser une meilleure gestion émotionnelle.
Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire ou pour organiser un rendez-vous afin d’explorer ensemble les solutions adaptées à la gestion du stress.
Prenez bien soin de vous,
Delphine
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